vendredi 15 avril 2011

LA NOTION DE "BIENTÔT"

Oui je sais...mon post précédent croule sous la poussière...et je ferais bien d'aller regarder la définition du terme "bientôt" dans le dico.. Normalement, si tout va bien, que le serveur arrête délire et caprices...et surtout, que la dernière mensualité de la rançon relative à ma libération est versée, ce blog devrait repartir... Je vous sens émus aux larmes....je sais...c'est normal...

jeudi 23 septembre 2010

PROBLEMES TECHNIQUES BIENTÔT RESOLUS

La technique fatigue parfois et depuis quelques temps ce blog fait l'objet de problèmes à répétition...c'est la censure..alors, plutôt que d'errer dans le métro avec un fichu sur la tête pour installer une table de camping et obliger de pauvres gens à signer des pétitions contre cette privation des droits de moi, au lieu de contacter Amnesty International....j'ai pris en otage un Zorro de l'informatique qui est donc en train d'intervenir pour y remédier...
En attendant...ben...rien...ne vous jetez pas par la fenêtre...car comme disait Danièle Gilbert dans le seul livre qu'elle ait écrit (on se demande pourquoi) après son éviction suite à l'arrivée de la gauche en 81...je reviendrai...patience donc...

samedi 10 avril 2010

LES INVITES DE MON PERE



Un grand médecin, veuf, bourgeois de gauche décide de recueillir des sans-papiers...Tatiana, une trentenaire Moldave et sa fille.....Or la Tatiana en question ressemble plus à Pamela Anderson qu'à Christine Boutin...Et le médecin tombe peu à peu sous le charme...se met à s'approvisionner en Viagra, et à faire son coquet...tout ça sous les yeux de sa famille de bobos interloqués en plein disjonctage..notamment ses deux enfants (Karin Viard et Fabrice Luchini)...d'autant plus que la sans papiers en question n'est pas animée que par de bonnes intentions...

Après le magnifique "Ceux qui restent", Anne Le Ny, actrice à l'origine, revient à la mise en scène avec un film au thème brûlant d'actualité...Et sa grande réussite et son originalité tient au fait que le traitement du problème des sans papiers est ici pris à contrepied...Alors que dans "Welcome", le personnage principal inspirait la compassion, ici la slave en quête de papiers en règle se révèle plutôt imbuvable, raciste, vénale et prête à tout...(même si elle a de bonnes raisons, à savoir sa propre survie essentiellement)...De fait, une foule de questions surgissent, avec les problèmes de conscience que cela engendre..Le tout est traité avec beaucoup de subtilité, de finesse et de drôlerie...Cela tient au scenario bien entendu, même si la fin tranche avec le ton général du film...Mais surtout à l'interprétation...

Michel Aumont en petit vieux bourge frappé par le démon de midi à retardement livre une prestation parfaite...Quant au duo Viard/Luchini en frère et soeur décontenancés, il fonctionne à merveille...Quand ils prennent en flag leur père mettant une belle main au panier de la bombe slave, leurs mines atterrées valent leur pesant d'or...Luchini semble avoir absorbé une bonne dose de Lexomil (et c'est tant mieux)....Pas de hurlements avec articulations à outrance et les yeux révulsés d'un échappé de St-Anne...Il joue avec sobriété cet avocat d'affaires...
Karin Viard en fille qui perd ses repères est (j'allais dire comme d'habitude) excellente..
Les dialogues sont souvent savoureux, fort bien écrits..."Il y a des actes militants plus agréables à regarder que d'autres"...Anne Le Ny fait désormais partie des réalisatrices/scenaristes avec qui le cinéma Français doit compter...(j'imite bien les critiques professionnels?)

mardi 6 avril 2010

TETE DE TURC




Lors d'une intervention en banlieue, un médecin urgentiste sombre dans le coma après que sa voiture ait été la cible d'un cocktail molotov. Un cocktail molotov lancé par Bora, une quinzaine d'années...Cet adolescent, pris de remords, extirpe in extremis sa victime de la voiture en feu...Une enquête démarre, menée par le frère du médecin, un flic désabusé. Bora se débat avec sa conscience : avouer son geste et mettre en péril son avenir? Se taire et faire condamner quelqu'un d'autre? Passer pour un héros alors que la ville se prépare à lui décerner une médaille?...
Dans la série "je suis acteur et j'ai la caméra qui me démange", c'est au tour de l'acteur scénariste Pascal Elbé de passer à la mise en scène. Si vous l'imaginiez dans un petit film léger et sympathique, ou (comme souvent dans un premier film) dans une échographie de nombril genre"j'ai 40 ans et je sais plus oukjensuis, je supporte plus ma femme qui est devenue une mégère et j'voudrais tuer mes gosses"...vous avez tout faux...On le retrouve aux commandes d'un thriller...que l'affiche qualifie de "film coup de poing"....alors ça c'est typique le genre de promo qui énerve...parce que d'abord, cette façon d'appâter le chaland avec des clichés pareils, ça donne pas plus envie d'aller voir un film...ensuite parce que quand on s'attend à recevoir un uppercut, on se prépare...et en général, on est surpris de ne se prendre qu'un soufflet mollasson sur le coin de la joue ...
Hé ben dans le cas présent, l'expression se justifie car c'est effectivement un film coup de poing..
(rassurez-vous j'ai encore toutes mes dents)
L'acteur, souvent abonné à des rôles "sympas", signe un thriller social tendance film noir digne des grandes productions américaines...(je ne parle pas des Rambo ou des Rocky).....
Souvent, le cinéma français qui veut marcher sur les plates bandes des Américains, ça donne des trucs pauvrets plus proches de Julie Lescaut que de Coppola...
Ici, il y a une vraie empreinte personnelle, un vrai travail de cinéaste, influencé certes par des grandes références Scorsesiennes ou autre, mais sans que ça ne fasse pâle copie...
Le scenario, brillant, vous cloue sur votre siège de la première à la dernière image....on pourra lui reprocher d'être un peu trop riche en histoires dans l'histoire...d'avoir voulu traiter 150 thèmes en même temps...mais comme c'est un film qui ne vous lâche pas, même longtemps après l'avoir vu, qu'il donne lieu à maintes réflexions, on se dit que finalement, tout est justifié...Et puis, ça s'inscrit dans la lignée de ces films puzzles à la Altman, où les destins s'entremêlent...
L'image est soignée, travaillée...souvent sombre....(La prod a oublié de payer la facture EDF?) La camera explore avec empathie les destins croisés de ces personnages et de leurs actes...c'est un film sur la responsabilité, la violence, la solitude, la famille, les mères qui luttent pour élever leurs enfants seules...les clichés habituels sur la banlieue sont évités: pas de rap, de tags, de méchants et de gentils...juste des êtres humains avec leurs problématiques personnelles, leurs contradictions..On est frappé et touché par l'humanité et la volonté de compréhension qui se dégage du film...Témoin, certains dialogues comme celui où les deux frères débattent de leur point de vue radicalement opposés sur le fait de savoir comment traiter les délinquants...(le film aurait pu s'appeler les frères poissards, parce que leur bonne étoile, elle a dû s'éteindre dès leur naissance, je ne vous en dis pas plus )...
Côté casting c'est du 5 étoiles..La charismatique et majestueuse Ronit Elkabetz en mère digne et protectrice traverse les plans avec une grâce et une vérité inouïe...Roshdy Zem campe ce flic brisé avec sobriété et talent...ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu aussi juste...Samir Makhlouf, le héros a été parfaitement choisi...silencieux et sombre...Parmi les "seconds rôles", Florence Thomassin, est exceptionnelle...Elle a peu de dialogues, mais elle transperce l'écran et dégage une émotion incroyable, juste par sa présence...
Bref c'est un film à ne pas rater, et c'est surtout la naissance d'un très bon metteur en scène...

lundi 29 mars 2010

TOUT CE QUI BRILLE


Ely et Lila sont amies depuis l'enfance...elles vivent en banlieue et rêvent de traverser le périphérique pour connaître la jeunesse dorée de Paris, rentrer dans les boîtes à la mode..quitte à se perdre et à mettre leur amitié en péril..
Premier film de Géraldine Nakache et Hervé Mimran, "Tout ce qui brille" séduit d'emblée par sa fraîcheur, son ton pétillant moderne et punchy...Certains personnages sont très bien observées...Virginie Ledoyen et Linh Dan Pham, transformées en clônes de Paris Hilton, et qui élèvent un môme un peu largué, ressemblent comme deux gouttes d'eau à ces vraies pétasses blindées qui meublent le vide de leur vie dans les soirées in...Ces soirées criantes de superficialité et de pseudo branchitude....La soirée Hard discount décrite dans le film est un petit bijou...Le film dépeint avec justesse une banlieue simple et fraternelle, sans trafic de drogue ou délinquants en crise...Les scènes drôles n'oublient pas de laisser place à l'émotion...Notamment avec des rapports père/fille explorés avec une grande sensibilité..
(Chapeau à Daniel Cohen et son personnage de chauffeur de taxi papa poule)
Toutefois le scenario reste quand même assez attendu et conventionnel. Tout y est assez prévisible...
Si le duo Géraldine Nakache, (super imitatrice de Céline Dion) Leïla Bekhti (pleine de fraîcheur) fonctionne plutôt bien, la vraie bonne surprise du film vient d'Audrey Lamy, soeur d'Alexandra . Elle crève l'écran en prof de sport qui parle fort et un tantinet boulet....Elle vaut à elle seule le déplacement...
Du côté des dialogues, même si on s'attend à ce qu'on ne parle pas en vieux français avec des mots de 24 syllabes, faut quand même reconnaître que les "va niquer ta race", " trucs de ouf" et autres déferlement de verlan, sur une heure et demie, c'est un peu fatigant..
Mais ça reste tout de même une jolie photographie de notre époque et d'un aspect de notre société... (oui oui oui aujourd'hui, la Pierre Tchernia qui dort au fond de moi a décidé de parler comme un grand sociologue qui est invité sur Arte et qui fait mal à la tête)...

samedi 20 mars 2010

L'ARNACOEUR



Briser les couples, c'est le métier d'Alex (Romain Duris)...Juliette (Vanessa Paradis) va en faire les frais...elle doit épouser un américain bien sous tous rapports, mais son père, hostile à cette union, va recourir aux services du dit Alex et de son équipe pour empêcher le mariage...
On croyait que seuls les Américains possédaient le savoir-faire en matière de comédies romatiques...Il se pourrait bien que les Français leur emboîte le pas avec talent...Premier film de Pascal Chaumeil, l'Arnacoeur charmera incontestablement les amateurs du genre...Du glamour avec un Monaco très bien filmé, des jeunes gens beaux et bien fringués, des scènes d'action bien construites, des sentiments, et des gags à la pelle composent cette comédie bien huilée.
L'histoire ne réserve pas de surprise, mais finalement, respecte bien le schéma classique du genre...
Dans la plupart de ses films, Vanessa Paradis faisait souvent la gueule... forcément il lui arrivait que des emmerdes...Quant à Romain Duris, il avait oublié d'être drôle depuis longtemps...ce film leur permet enfin de sortir du registre dans lequel il semblaient cantonnés...
Leur interprétation est assez inégale...parfois un peu trop froide et très distante par rapport à la psychologie de leurs personnage...parfois très réussie...Notamment la scène où dans la voiture le personnage de Juliette se planque pour s'éclater sur du Georges Michaël...
Les seconds rôles ont été admirablement choisis...Julie Ferrier par exemple...ou encore le belge François Damiens ...Le cinéma va à mon avis beaucoup faire appel à son talent à l'avenir, et c'est tant mieux...c'est le genre d'acteur qui possède ce qu'on appelle la "vis comica": il suffit d'un rictus, d'une phrase banale pour déclencher le rire...Il est irrésistible en complice pas toujours doué de Romain Duris...
Bref c'est du bon divertissement, sans prétention, frais et léger comme le parfum chlorophylle des chewing gums Hollywood..(ça sent la bloggeuse qui savait pas comment terminer)

mardi 9 mars 2010

VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2010








Les Victoires de la musique, c'est un peu comme le Salon de l'Agriculture...ça se déroule chaque année à la même époque, chaque écurie ramène ses poulains pour un petit coup de projo sur sa plus belle bête, on se congratule, on s'embrasse, on remercie, on remet des prix, y'à la visite du Ministre du moment... ça beugle aussi parfois....la différence c'est que ça sent moins fort...quoique...bref...
En grande privilégiée, me voilà donc au Zenith en ce 6 mars 2010, pour cette exceptionnelle soirée....

Je pourrais vous parler du palmarès..des deux Victoires décernées à Benjamin Biolay...certes c'est loin d'être volé..."La superbe" porte bien son nom et regorge de petits chefs d'oeuvres...mais soyons francs, si on écoute cet album d'un trait, vaut mieux habiter au rez-de-chaussée et n'avoir aucun problème existentiel...

Je pourrais vous parler d'Olivia Ruiz...déjà récompensée il y a deux ans...Ils ont de l'imagination les "professionnels de la profession"...A noter qu'elle doit avoir embauché le même chorégraphe qu'Annie Cordy, vu l'imitation quasi-parfaite des pas de la bonne du curé quelque soit ce qu'elle chante ..

Je pourrais vous parler de Coeur de Pirate...Oui, "Comme des enfants" a été sacrée chanson de l'année...Coeur de Pirate, c'est celle qui chante avec une pomme de terre brûlante dans la bouche un texte révolutionnaire qui dit en substance "et il m'aime encore, et moi je t'aime un peu plus fort"...Faudrait qu'un jour, le Canada arrête de nous prendre pour la terre d'asile des chanteuses dont ils ne veulent plus...
Je pourrais vous parler de Grégoire...un chanteur qui respire la joie de vivre quand il nous accable avec son "toi plus moi, plus lui, plus elle, plus l'autre, plus eux, plus les voisins"...il paraît qu'il vend beaucoup...faudrait que dans ce pays, les ORL fassent leur boulot un jour et débouchent les tympans des gens qui ont acheté le disque...heu pardon, je parle comme une vieille...ceux qui ont téléchargé le single...
Je pourrais vous parler de Charles Aznavour...Malgré une carrière exemplaire et un répertoire exceptionnel avec une flopée de titres qui font partie du patrimoine de la chanson française, on lui file une "victoire d'honneur"... c'est un peu comme la grand-mère de la famille, dont on a oublié de s'occuper pendant l'été, et à qui on offre plein de chocolats et de pâtes de fruits (malgré son diabète) pour se donner bonne conscience...
Je pourrais vous parler de Yodelice, et de sa récompense tout à fait méritée...Ou encore de celle d'Izia, (fille de Jacques Higelin) dont je ne connais pas encore suffisamment le répertoire pour émettre un avis...(que tout le monde attend, fébrile!!!)
Mais non....il n'y a qu'un moment et un seul qui valait le direct....LE moment de grâce et d'enchantement de cette soirée...à savoir l'apparition d'une de mes idoles....celui qui imite Gilbert Montagné comme personne...à savoir Stevie Wonder, alias the genius....
Je sais, je vais me faire chambrer pendant plusieurs siècles, et apporter de l'eau au moulin de certains de mes sarcastiques zamilecteurs....mais en grande frimeuse que je suis, fallait que je vous en mette plein la vue avec Stevie Wonder...(plein la vue....Stevie Wonder...Jean Roucas sors de ce corps) Et j'ai à peine honte de vous montrer les deux clichés ci-dessus...promis, je vais m'acheter une canne blanche et un berger allemand..(Helmut Newton et Richard Avedon peuvent dormir tranquille!)...Le petit point noir tout au fond, caché derrière le piano, c'est le vrai Stevie...J'ai des excuses...saisie par l'émotion aux premières notes d'Overjoyed, je me suis déplacée (n'importe où, je vous l'accorde!!) et la grande émotive que je suis a oublié de zoomer...
Je ne vais pas forcer sur les superlatifs, mais juste vous dire que ces quelques minutes étaient trop courtes..Quel bonheur!....Ce groove, ce son, cette voix...aïe........y'à pas grand chose à dire de plus...(ah si...quand même...je ne sais pas si les organisateurs sont de grands sadiques,ou des petits farceurs, mais avoir programmé Grégoire juste après, c'est dur...très dur....) Fallait voir la salle debout, les visages radieux, les petits corps se déhancher...c'était magnifique...(je parle de Stevie hein....) Ces minutes ont juste réveillé chez moi une seule question : A quand un concert à Paris avec des places aux prix abordables? That is the question....