mercredi 30 septembre 2009

LE DERNIER POUR LA ROUTE


L'automne arrive, les jours raccourcissent, la température dégringole et en plus vous venez de trouver un job chez Orange...vous allez me dire, ça fait beaucoup de raisons pour pas en rajouter en allant au cinoche voir un mec se pochetronner pendant 2H...Même si je compatis largement, (et même que je vous encourage vivement à mettre fin à vos jours le plus rapidement possible par tous moyens...je plaisante...calmez-vous) vous pourriez passer à côté d'un très joli film..
"Le dernier pour la route" raconte l'histoire d' Hervé (François Cluzet), patron d'une grande agence de presse, qui souffre d'addiction à l'alcool...Il arrive en Suisse dans un centre de désintoxication. En croisant d'autres curistes, il va prendre conscience des dégâts que l'alcool a provoqué dans sa vie...aussi bien sur lui-même que sur son entourage...Tiré du roman autobiographique d'Hervé Chabalier, le film dépeint un homme accro à la boisson qui entame le parcours du combattant pour chasser ses démons .
Le thème, certes peu sexy, laisse entrevoir le gros truc dramatique et pleurnichard avec effets de jeux d'acteurs. On imagine les scènes avec les cadavres de bouteille cachés sous le lit, les silhouettes avachies avec regards vitreux et vodka bordeaux au petit déj...cuites avec de grandes tirades...(genre : "Non Madeleine, tu m'empêcheras pas de descendre mon JB...." et Madeleine qui pleurniche en sanglotant "mais jusqu'où tu vas aller" en le poursuivant avec son petit éthylotest acheté en promo chez Franprix) ben non!
Le film se déroule uniquement dans le centre de désintoxication, avec des séquences extérieures quand même, (ouf!)...On ne les voit pas en train de vomir, de se gaver de medocs, ou de hurler au manque toute la journée..Autour de Cluzet, gravitent une série de personnages atteints du même mal...mais qui n'appréhendent pas leur maladie de la même façon...Il y a les battants, les fatalistes, ceux qui s'en accomodent et en rigolent, mais tentent quand même...François Cluzet relie toutes ces personnalités fragiles dont les failles et les difficultés surgissent devant lui comme une loupe effrayante dans laquelle il va se voir et réaliser à quel point l'alcoolisme a rongé sa vie ...Tout le récit reste subtil, on évite de s'embourber dans le pathos..La scène avec son fils, ou sa femme est remarquable. Tout en retenue.
Cluzet réussit l'exploit de jouer un alcoolique avec sobriété..Jamais d'effets grossiers, il contourne la caricature en ne surjouant jamais...Les autres personnages, Michel Vuillermoz en tête, réalisent de belles performances. Bemol sur la pseudo-histoire d'amour avec le personnage de Mélanie Thierry...ma foi assez peu crédible...Et puis on a envie de lui offrir un flacon de Fructis de Garnier à elle.. c'est très énervant des cheveux aussi sales pendant 1h à l'écran..
Anne Consigny est bouleversante dans une apparition courant d'air, mais superbement jouée..Ajoutons que même si on a connu un Jean-Louis Aubert ô combien plus inspiré, la musique qu'il signe ici, colle quand même très bien avec l'ambiance générale..

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