
Bon là, on va passer aux choses sérieuses...On va aborder un sujet important...que dis-je, capital!!
En guise de préambule, je voulais juste vous avertir ( pour vous éviter de vous choper une incapacité temporaire de travail ou un handicap physique lourd) : ne vous avisez jamais de dire un truc de travers sur Alain Souchon...en général, ça déclenche subitement chez moi le syndrôme Gilles de la Tourette...vous risquez la décapitation, la lapidation, l'arrachage de yeux ou de cervelle avec des petites cuillères et une scie à métaux..le sectionnage de mollets...des méthodes douces quoi...
Ici, on ne touche pas à Alain Souchon...(sauf si on mesure plus d'un mètre 75 , qu'on a un air méchant, qu'on fait de la musculation à outrance ou des arts martiaux avec des dents en or partout)...On ne touche même pas le moindre de ses cheveux...(on pourrait le décoiffer et il en a pas besoin)...Son coiffeur (atteint d'une cécité congénitale) croupit dans des geôles d'Amérique du Sud où il a demandé l'asile politique après des poursuites par le CMRC (comité mondial de la répression capillaire)...Mais trêve de considérations zéchevelées...Parlons donc de mon compagnon d'oreille depuis plus de 30 ans...
Difficile de dire à quel point son univers me touche, me bouleverse et m'émeut (ça suffit, ou j'en rajoute?)...Les mots me manquent, les bras m'en tombent, (??)
Oui oui, telle Bernardo, l'ami de Zorro (un de mes héros de quand j'étais ptite) je reste muette devant ses (chef d') oeuvres...Je sais juste que son regard sur la vie, le monde, les gens, l'amour frappe toujours juste...que son écriture est un modèle d'élégance... c'est toujours fin subtil et délicat...que c'est un sale menteur d'écrire (dans "écoutez d'où ma peine vient") que de la vie, il ne sait rien...il a au contraire tout pigé...Derrière une écriture en apparence légère et des mélodies qui paraissent simples, derrière cette façon tranquille de balancer ses textes, il y a une profondeur dans le propos, une vraie révolte...avec bien plus de poids que s'il braillait sa haine de la société habillé en survêt' avec un air de bouledogue et le rayon quincaillerie du BHV dans les mâchoires...Généralement, quand on parle de Souchon, on entend "aaah ouais..Foule sentimentale...Allo Maman Bobo" Bon ouais...Certes...mais y'à tellement de merveilles cachées derrière (pff, la copieuse) ces incontournables...Des Normandie Lusitania, des Cosy Corner, des Portbail, des On s'cache des choses...bref, impossible de tout citer là...
Depuis 94, j'ai jamais raté un concert...j'y vais, j'y re-vais, et j'y re-vais encore...Et à chaque fois, je me dis, comme cette fois ci, après 45122 concerts, est-ce que je vais encore être surprise? Est-ce que ça va encore me faire vibrer à mort? Car je dois le dire même si ça me fait très très mal de le faire, que son dernier album m'a quelque peu interloquée...Quand on a touché les sommets (et bien au-delà!!!) avec les précédents, on peut pas se permettre de faire des chansons heu comment dire...pas mauvaises, mais que j'appellerai des "chansons de fin d'album"..Celles qu'on met en dernière position sur un disque parce qu'il fallait le finir...Bon j'dis ça, et en même temps, quand je les entends sur scène, je les trouve absolument géniales, elles sonnent super!! (le fille un peu mentalement perturbée)
Donc là, c'est du sérieux...du lourd...le Casino de Paris...une de mes salles préférées, mais j'crois que je l'ai déjà dit dans un précédent billet sur un certain Michel à moi que j'ai...
Quel bonheur de voir mon Casino plein à craquer...(enfin c'est le producteur surtout qui doit être content) Soyons clair, sans être désobligeant, niveau public ça devient un peu club de bridge..Pour la petite histoire, j'ai failli égorger un énergumène insupportable qui avait piqué nos places (numérotées et réservées!) et qui refusait de bouger en répétant en boucle "maintenant que chui là, chui là"...c'est limite si j'ai pas dû réquisitionner les forces de l'ordre pour l'expédier vers sa vraie place...bref...le temps ne fait rien à l'affaire on dit...
Sinon le concert! Costard noir et chemise blanche, regard dans les nuages et ondulant élégamment autour de son micro, le Monsieur commence par un "on s'aime pas" à tomber par terre...plein de punch avec sa rythmique obsédante...Voilà l'exemple type d'un texte de vrai rebelle...subsersif à mort..Non, Souchon, c'est pas le gentil petit Monsieur en cachemire écouté par des vieilles croqueuses de macarons de la rive gauche qui boivent du Mariage Frères et s'habillent au Bon marché...c'est pas un niais collé à sa mère avec un oedipe pas réglé...c'est un mec qui dit des choses...de la trempe des Bob Dylan...
Suivent en vrac des "Petit tas tombé" "Le baiser" "Pardon" (quel effet sur scène avec les guitares déchaînées!) "Les regrets" (sublissime)"J'ai perdu tout ce que j'aimais" (une tuerie, une boucherie, une charcuterie, rayez la mention inutile, elle fait partie de mes tops) "la compagnie" (qui rend super bien sur scène)
"Parachute doré" (franchement pas ma mélodie préférée) "Elle danse" (Je préfère "c'est déjà ça", bien plus réussie dans le style) "Ecoutez d'où ma peine vient" etc...J'en oublie sans doute, trop concentrée à capter chaque seconde de cette avalanche de bijoux sonores...Arrive le superbe "Saute en l'air"....Là franchement, je comprends pas...ça donne envie de bouger et pourtant autour, personne ne bouge...Comment se fait-ce me direz-vous? Ben je vois pas trop, mais pour pas se lever, faut vraiment être frappé d'obésité sévère (soit frappé tout court), soit porter des sabots suédois, soit avoir oublié ses bas de contention pour les jambes lourdes et souffrir d'un mauvais retour veineux...je ne saurais l'expliquer autrement...
Bref...ça gâche pas le plaisir, mais pas loin...
Autre petit regret : on imagine bien que le public d'un concert de Souchon aurait du mal à repartir dans son "Foule sentimentale" son "Quand j's'rai KO" ou son "C'est déjà ça"...mais dans ce cas, pourquoi pas un petit changement de version, un petit lifting?...un petit risque ne nuirait pas...A l'instar du "Foule sentimentale" de "J'veux du live" en 2002 avec Albin de la Simone...une vraie merveille qui changeait de l'original...
Côté musiciens, exit l'ancienne équipe, à l'exception de Michel-Yves Kochmann..Place à des trentenaires (certains issus du Sacre du tympan si je ne dis pas de bêtises) dont l'excellent Ludovic Bruni, une bien belle découverte...Là encore on frôle la perfection...
Le concert se termine par une extraordinaire version de "Rame" avec un canon de folie pure...et un public qui a enfin sorti son tube de vitascorbol...un vrai moment de grâce...
Quoi? C'est déjà fini? Ben ouais hélas...Le grand Alain a la chemise trempée et transparente et balance de la main l'horrible bye-bye...
Quand je vois que sur certains sites internet dégénérés "pipoles" on parle de lui en évoquant "la tournée des papys", ça me fait doucement rigoler...Ben ouais mais Papy, il remplit des salles...il pleurniche pas sur les sites genre Spidart pour récolter de quoi faire un album, lui...
Pour finir, je regrette quand même ce public somnolent...qu'ils aient envie de dormir est une chose, mais qu'ils vous fusillent du regard dès que vous bougez un cil, ça devient plus qu'énervant car c'est pas la première fois...J'étais sidérée par le mec d'à côté qui n'a pas bougé l'ombre d'un sourcil (j'ai cru qu'il était décédé) et surtout par deux autres qui sortaient leur Iphone toutes les 5 minutes...probablement pour actualiser leur statut Facebookien avec des indispensables "Roger est en face d'Alain Souchon qui est sur scène"..Vive le progrès, vive la technique...
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire